[Ce billet s'adresse aux développeurs qui ont déjà bossé en équipe, particulièrement à ceux qui ont utilisé un logiciel de type CVS]

Traduit d'une interview de Scott Collins dans Ars Technica :

Lors de la grande migration loin d'AOL et de Netscape, tous les ingénieurs qui ont bossé là-bas ont emporté avec eux Bugzilla, Tinderbox, et d'autres trucs encore. Je possède une société à présent, et c'est ce que nous utilisons pour le suivi de bug : Bugzilla. Tara Hernandez (Code Rush), elle bosse chez Pixar maintenant, et ils utilisent Bugzilla et Tinderbox. Une fois que vous utilisez Tinderbox, vous ne pouvez pas bosser sur un gros projet sans ça. Vous voyez des gens bosser sur de gros développements sans Tinderbox et vous leur dites : « Bande de crétins ! Comment savez-vous si votre arbre compile ? » et ils vous répondent toujours « Oh, notre arbre ne compile jamais, on sait qu'il compile quand un type débarque et nous le dit. »

Un truc intéressant au sujet de Netscape : quand j'y suis entré, l'arbre était cassé en permanence. De temps en temps on tombait sur un jour où l'arbre compilait, alors vous récupériez les sources. Quelqu'un gueulait « l'arbre est vert ! » et vous remuiez Ciel et Terre pour fusionner votre boulot, et l'arbre recassait aussi sec, et restait cassé une éternité. Quand on s'est assagis et qu'on a commencé à écrire ces outils, les choses ont changé, et avec ça ont émergé ces standards culturels et comportementaux. Par exemple, quand Tinderbox était au rouge, on enregistrait pas son travail dans l'arbre. On enregistre jamais au rouge. Si vous enregistrez au rouge, quelqu'un sera là pour vous botter le cul, et cette personne est le sherif, et elle a un badge de sherif et tout. Dans Code Rush on voit Tara se balader avec une batte, ce qui est plus symbolique qu'autre chose mais son boulot était de botter des culs.

Quiconque a enregistré dans l'arbre depuis le dernier gel est « sur la sellette », de sorte que si l'arbre brûle, c'est leur responsabilité de le réparer. La vie est devenue plus facile quand il y a eu de sérieuses conséquences définies, au point que, si des années auparavant tout le monde enregistrait quand ça leur chantait, désormais vous aviez la honte si vous enregistriez quelque chose qui cassait l'arbre. C'était vraiment pas rien de casser l'arbre. Il m'est arrivé deux fois d'enregistrer un truc qui cassait l'arbre, et c'est le même type qui a nettoyé ma merde à chaque fois, et j'ai fini par sortir lui acheter une bonne bouteille tellement j'avais honte d'avoir cassé ce foutu arbre, et vu combien je lui était reconnaissant d'avoir redressé le tir.

Si seulement c'était comme ça partout...